Le vent change en Sinastra... serez-vous capable d'y faire face ?
 
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 La grâce du savoir

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Nathanaëlle

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Titre : Prisonnière des Ténèbres
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MessageSujet: La grâce du savoir    Dim 20 Nov 2016 - 1:01

Nathanaëlle poussa la porte de l'imposante bâtisse et la tint pour laisser à Anarion le temps d'entrer. Puis, elle-même franchit le seuil d'un pas gracieux, et fût heureuse de sentir une vague de chaleur l'assaillir. On était au beau milieu de l'automne et, bien qu'il ne pleuve pas, l'elfe avait l'impression de sentir l'humidité imprégner ses vêtements à chaque pas qu'elle faisait dehors. C'est donc avec plaisir qu'elle constata qu'un feu brûlait dans la grande cheminée centrale, protégé par une large grille en métal.

S'avançant, les deux elfes purent constater la magnificence de la Bibliothèque Royale, un des rares édifices qui avait résisté aux ravages du temps et gardé sa splendeur passée. Même le règne du roi démon, pourtant dévastateur au niveau architectural, n'avait pu entraver son charme.

Nathanaëlle écarquilla les yeux. Ce n'était pas la première fois qu'elle venait ici et pourtant, elle était toujours émerveillée. Sous ses yeux et ceux d'Anarion, des milliers de livres narguaient les visiteurs du haut de leurs étagères, lesquelles formaient de larges cercles s'élevant jusqu'au plafond. La massive porte de bois que les deux jeunes gens avaient poussée pour entrer, paraissait minuscule dans cette immensité.

Comme si le le regard, seul, ne parvenait pas à donner un cachet unique au lieu, l'odeur de parchemin, de bougie et de poussière rendait l'atmosphère légère et pesante à la fois, comme si le savoir et la connaissance flottaient dans l'air à l'était pur pour imprégner les lecteurs.

Nombre de personnes, en un tel lieu, auraient tourné les talons en crachant leurs poumons, mais ni Nath' ni Anarion n'étaient de ce genre-là. La semi-elfe avait grandi dans un milieu privilégié, entre anthologies poétiques et traités scientifiques, quant à l'elfe telerin, il semblait être érudit et curieux, donc il n'était sûrement pas exagéré de le croire habitué des bibliothèques.  

Nathanaëlle se tourna vers lui et l'observa. Lorsqu'il lui avait demandé de le mener à la bibliothèque, il ne s'était sûrement pas attendu à trouver un lieu aussi beau et agréable. En un sens, mieux valait être agréablement surpris que le contraire ...

La semi-elfe était tout de même curieuse de savoir ce que son ami était venu chercher ici. Cela devait être important, puisque son premier souhait à son arrivée dans la Cité Blanche avait été de se rendre à la bibliothèque ...

La guerrière baissa les yeux. Dévisager ainsi quelqu'un, même un ami, était impoli. D'un autre côté, l'elfe était si mystérieux, si réservé parfois, que Natha soupçonnait ses yeux seuls de ne jamais mentir ...

Renonçant à examiner les tréfonds de l'âme elfique, Nathanaëlle embrassa de son bras tendu l'ensemble de la pièce, telle un guide touristique ou un magicien saluant le public.
La semi-elfe savoura encore un instant son petit effet, puis se tourna vers son cousin aux oreilles pointues et lâcha avec un sourire trahissant sa joie :    


- ... N'est-elle pas magnifique ?

La jeune fille invita son ami à se faire un tour sur lui-même afin de constater la quantité impressionnante d'ouvrages. Sur certaines étagères, à intervalles réguliers, des livres à la reliés d'or étaient reliés à leur support de bois. Au plafond, de larges ouvertures laissaient la lumière tomber en cascade dans ce qui semblait être l'unique pièce que comptait la bibliothèque.
Devant les deux jeunes gens se trouvaient de solides tables de bois, toutes pourvues en plumes et en encriers.
Quelques personnes seulement étaient occupées à y lire ou travailler, mais Nathanaëlle savait d'expérience que, même les jours de forte affluence, les lieux ne perdaient rien de leur quiétude.

L'elfe aimait ce lieux pour son calme et pour tout ce qu'il avait à offrir. Les livres n'avaient pas besoin de voix pour enseigner, et ils en posaient jamais de question. En cela, ils étaient souvent de meilleurs compagnie que les vivants ....
Et puis, eux ne vous demandaient jamais de danser, de chanter ou de vous battre ; ils ne vous remplissaient pas l'esprit d'usages et de de conventions sociales, et se fichaient de votre passé.

Nathanaëlle était persuadée que l'homme idéal était un personnage de roman. Qui d'autre ? Qui donc passerait la soirée en sa compagnie sans prononcer un seul mot, la ferait voyager sans quitter sa maison et lui montrerait les plus beaux paysages ?
Cette pensée la fit sourire, pourtant son visage exprimait la tristesse.

Chassant ces idées noires, elle s'adressa de nouveau à Anarion :  


- ... Sincèrement, si vous ne trouvez pas votre bonheur ici, je pense que vous ne le trouverez nulle part !
Elle ajouta, plus bas : Mais parfois, le bonheur ne se trouve pas dans les livres, mais dans la quête elle-même ...

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Anarion

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Dim 20 Nov 2016 - 16:23

Lorsqu'Anarion se retrouva devant la bibliothèque, il ne put que s'arrêter pour la contempler. La façade était faite de cette pierre blanche qui avait donné son surnom à Sinastra, et alors même que le soleil était voilé par des nuages d'automne, elle brillait et resplendissait, éclatante et magnifique. Il entendit un très léger grincement, qui devait probablement avoir échappé aux humains alentours, et vit que la semi-elfe avait déjà poussé la massive porte de bois, la tenant pour lui. Aussi s'arracha-t-il à sa contemplation et marcha-t-il vers elle.

Lorsqu'il entra, il remarqua tout de suite le grand feu ronflant dans la cheminée, et son humeur s'en améliora. Non pas qu'il eût froid: chez lui, il neigeait tous les hivers, et il nageait dans des eaux glaciales dès son plus jeune âge, aussi avait-il difficilement froid; cependant voir un bon feu dans une cheminée est une vision à laquelle nul ne peut rester indifférent.

En s'avançant, Anarion eut le souffle coupé en prenant conscience de l'immensité de l'endroit. La petite bibliothèque de son village lui avait paru impressionnante, mais elle était risible à côté de celle-ci: des livres étaient entreposés jusqu'au plafond, et des échelles d'une taille impossible se trouvaient un peu partout, permettant d'aller chercher des livres au sommet des montagnes littéraires. Il tomba tout de suite amoureux de l'endroit: l'odeur, l'atmosphère, la lumière tamisée et le silence (le silence!) se mêlaient en un tout unique, irremplaçable. Il avait l'impression de se retrouver dans un autre univers, impression rendue possible par l'immensité de l'endroit. Il se trouvait dans la mémoire du Monde.

Cela aurait pu même être oppressant pour quiconque n'y aurait pas été habitué, mais Anarion n'avait jamais eu ce genre de problèmes, et vu le niveau de langage et la culture de Nathanaëlle, il était prêt à parier qu'elle non plus ne s'était jamais sentie intimidée par tant de savoir.

Nathanaëlle... sans même y penser, il jeta un coup d’œil dans sa direction, et la surprit à le fixer. Elle baissa les yeux, gênée, et lui fit de même. Il lui jetait sans cesse des regards à la dérobée, car savoir qu'elle était une semi-elfe l'avait profondément bouleversé, même s'il avait réussi à ne pas le montrer. Il aurait pu en connaître, des semi-elfes. Être heureux avec elle...

Il se secoua. Voilà qu'il recommençait encore à y repenser! Il devait réussir à s'en défaire. Il ne serait jamais heureux sinon... Il se força à revenir à l'instant présent, et se demanda pourquoi Nathanaëlle l'avait fixé. Elle devait sûrement attendre son avis sur l'endroit...


- N'est-elle pas magnifique? murmura-t-elle avec une joie visible, accompagnant sa demande d'un large mouvement englobant la pièce.

- Magnifique? Je ne comprends pas comment les gens peuvent marcher dehors alors qu'ici se trouvent autant de livres, dans une bibliothèque aussi superbe! lui répondit-il avec un sourire en coin.

Comme sa guide le lui suggéra, il prit le temps de prendre conscience de l'ampleur de l'endroit. Les étagères étaient disposées en cercles concentriques, toutes immenses et pleines de livres, certains semblant très vieux et très précieux. Il effleura du doigt la reliure du manuscrit le plus proche - De la faune et de la flore des Terres Brunes - et le contact du cuir craquelé le fit sourire. Décidément, il souriait beaucoup ces temps-ci... Mais en même temps, il n'aimait rien plus qu'un bon livre, qui le faisait rêver, l'emportait dans d'autres mondes, loin de la triste réalité de celui où il se trouvait. Il lisait sans cesse quand il était chez lui, et s'il avait dû arrêter ensuite en raison de sa vie errante, il l'avait beaucoup regretté. Sans pouvoir s'en empêcher, il jeta de nouveau un coup d’œil à la semi-elfe, et vit qu'elle semblait triste. Immédiatement, il réfléchit à ce qu'il avait fait, et n'y voyant rien de blessant ou de triste, il décida d'essayer de la réconforter, même si c'était l'une des choses qu'il savait le moins bien faire, mais elle parla avant.

- Sincèrement, si vous ne trouvez pas votre bonheur ici, je pense que vous ne le trouverez nulle part! dit-elle en se tournant vers lui, avant d'ajouter en un murmure énigmatique: mais parfois, le bonheur ne se trouve pas dans les livres, mais dans la quête elle-même...

Réfléchissant au sens de ces paroles, Anarion fut surpris. Non qu'il ne s'attende pas à entendre Nathanaëlle dire quelque chose comme ça, car elle semblait aussi passionnée par les livres que lui, mais parce que c'étaient des paroles qu'il aurait très bien pu dire lui-même.

- En matière de livres, il est souvent plus amusant de chercher quelque chose que de le trouver, approuva-t-il en hochant la tête. Enfin, en l’occurrence je vais devoir y faire exception, car cela fait des années que je cherche des réponses.

Il retira son diadème et regarda le saphir bleu qui y était serti au milieu des fines lignes d'or. Comme à chaque fois, sa couleur pure lui rappela la mer.

- Voyez-vous, je ne maîtrise pas totalement la magie aquatique. Or je pense que cette pierre pourrait m'aider à y parvenir. Où pourrais-je trouver des livres de magie?
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Nathanaëlle

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Mar 22 Nov 2016 - 0:23

Nathanaëlle n'entendit pas la question, absorbée qu'elle était dans la contemplation du saphir. La pierre devait être magique, ou du moins recéler quelque pouvoir étrange, car l'elfe avait l'impression qu'elle aurait pu passer toute sa journée simplement à la regarder.

Lorsque enfin les paroles d'Anarion parvinrent à se frayer un chemin dans son esprit, elle se mit à tourner la tête de droite et de gauche, cherchant visiblement quelque chose ou quelqu'un. Elle se permit même un tour sur elle-même, s'offrant la vue de l'ensemble de la pièce. À la réflexion, cette pirouette n'avait pas été une excellente idée. Elle n'avait pas eu le temps de voir grand chose et, en prime, la tête lui tournait...

De toute façon, ce fichu bouquin pouvait être n'importe où ...

Natha venait souvent ici et pourtant à chaque fois, elle passait une demie-heure à chercher le fameux livre abandonné de coin en coin par des utilisateurs irrespectueux ... Certaines rumeurs prétendaient aussi que le conservateur, bibliothécaire de son état et seul maître à bord, prenait un malin plaisir à le cacher dans des endroits insolites ...

Avisant ledit homme, la semi-elfe l'apostropha.  


- ... Maître Parchemin ! Nous sommes à la recherche du registre, l'auriez-vous vu ?


Un sourire s'étira sur les lèvres du vieillard, tendant sa peau parchemineuse. Natha ignorait si le nom que l'on lui donnait était celui que lui avaient donné ses parents, mais ce qui était certain, c'est qu'il lui allait à ravir.

La guerrière pesta intérieurement. Ce sourire pouvait vouloir dire tout et n'importe quoi ...


- ... S'il vous plaît, Maître ! ... C'est important ! Mon ami est à la recherche d'un livre traitant de magie. Si nous pouvions jeter un œil au registre, nous gagnerions un temps précieux !

Le sourire s'étira sur le joyeux visage. Le regard espiègle du vieux bibliothécaire fixa la jeune elfe avant de dériver sur Anarion, avant qu'enfin un long doigt noueux se tende en direction d'une table derrière eux.

Nathanaëlle sur le vieil ouvrage relié de cuir, et tourna précautionneusement les pages jusqu'à trouver l'index. Accompagnant sa lecture de son doigt, elle déchiffra pendant quelques minutes encore la minuscule écriture avant de pousser un soupir de soulagement.


- ... Rang c, étagères 5 et 6 ... Lut-elle à l'intention d'Anarion. Avisant du regard les rayonnages concernés, elle ne put retenir une moue de découragement. ... Cela risque de prendre du temps ... Nous devrions nous répartir les étagères. À moins que nous ne pouvions réduire la recherche ... Bien sûr ! La guerrière porta une main à son front, comme frappée d'une évidence. Maître, appela-t-elle encore, Nous cherchons des ouvrages concernant la magie aquatique en particulier, expliqua-t-elle. Après un instant de réflexion, elle ajouta : Et les pierres en rapport avec la magie.

À peine avait-elle fini sa phrase que le vieil homme poussait une échelle devant la plaque de métal gravée indiquant "Rang C".
Les deux elfes n'eurent pas à attendre longtemps avant qu'il ne revienne, une pile de livres sous le bras. Sana prononcer un mot, toujours doté de son énigmatique sourire, il leur remit à chacun la moitié des ouvrages et s'en retourna s'asseoir à son bureau.
Habituée au caractère extravagant du gérant, Nathanaëlle n'en prit pas ombrage et se mit en action sans perdre de temps. S'asseyant à la table la plus proche, elle invita Anarion à la rejoindre d'un geste de la main.


- ... Bien. Maintenant que nous avons tous ces livres, par quoi commençons-nous ?

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Anarion

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Mar 22 Nov 2016 - 11:05

Nathanaëlle mit un certain temps à réagir, car elle était obnubilée par le saphir. Anarion la comprenait: lorsque lui l'avait reçu, il l'avait contemplé durant des heures, puis lorsqu'il l'avait fait sertir en diadème, il l'enlevait souvent pour contempler la pierre, et encore maintenant, il lui arrivait de le retirer pour la regarder.

Puis la semi-elfe sembla émerger de sa contemplation, et, se redressant, elle tourna la tête dans tous les sens, cherchant de toute évidence quelque chose. Puis elle tourna sur elle-même, et Anarion mit sa main devant sa bouche pour dissimuler son sourire. Il doutait que cette méthode de recherche fût la plus efficace... Nathanaëlle était sans doute parvenue à la même conclusion, puisqu'elle cessa de tournoyer et appela un vieil homme au nom... intéressant qui passait à côté d'eux. Il devait s'agir du bibliothécaire, puisqu'elle lui demanda s'il savait où se trouvait le registre. Évidemment! Quoi de mieux pour chercher?

Voyant que le vieillard ne répondait pas, Anarion se demanda s'il devait lui parler. Après tout, c'était lui qui cherchait des réponses, et il était en train de laisser son amie s'en occuper à sa place. Mais il ne parla pas, parce que l'un des mots qu'il avait utilisé dans sa tête l'intrigua.
Mon amie? Est-ce qu'il s'agit vraiment d'une amie? Elle m'a aidé, elle m'a indiqué ce que je cherchais, et maintenant elle cherche quelque chose qui n'a aucun intérêt pour elle mais en a pour moi. On dirait. Mais suis-je prêt, moi, à avoir des amis?

Il se secoua. Pendant qu'il s'était absenté, comme il le faisait trop souvent, Nathanaëlle avait fini par obtenir du vieux bibliothécaire autre chose que des sourires, et elle se dirigea vers une table où reposait un vieux livre avant de chercher ce qui les intéressait.

- Rang c, étagères 5 et 6, lut-elle à voix haute. Anarion chercha lesdites étagères, et lorsqu'il les trouva il fronça les sourcils (signe chez lui d'une grande frustration). Vu la taille des étagères... ... Cela risque de prendre du temps, dit Nathanaëlle comme pour finir sa phrase. Nous devrions nous répartir les étagères. À moins que nous ne pouvions réduire la recherche... Bien sûr ! s'exclama-t-elle avant de porter la main à son front, dans un signe évident d'illumination. Maître, appela-t-elle de nouveau en cherchant le vieil homme du regard, nous cherchons des ouvrages concernant la magie aquatique en particulier. Puis elle sembla hésiter, et finit par reprendre la parole. Et les pierres en rapport avec la magie.

Anarion commençait à trépigner. Comme tous les elfes, il était assez patient - enfin, sauf lorsqu'il parlait avec des gens qui l'exaspéraient - et pouvait attendre très longtemps une chose qu'il espérait, mais il n'avait jamais été aussi proche des réponses qu'il cherchait depuis si longtemps. Aussi lorsque le bibliothécaire, qui avait tout de suite réagi à la requête de l'elfe, posa devant chacun d'eux une pile de livres sans prononcer un mot - les bibliothécaires étaient toujours plus ou moins bizarres - il s'assit à la table avec rapidité, notant que sa compagne s'était elle aussi assise, et posa son diadème à côté de lui.

- Bien. Maintenant que nous avons tous ces livres, par quoi commençons-nous ? demanda-t-elle avec entrain.

Anarion la regarda en penchant la tête, réfléchissant rapidement. Il ne pensait pas qu'elle lui proposerait son aide, encore moins qu'elle agisse comme si l'aide qu'elle apportait était naturel ; mais l'indécision n'étant pas au nombre de ses défauts, il décida de ne pas réagir. Il voulait essayer de retrouver des amis, même s'il n'était pas sûr de savoir comment faire, aussi se contenta-t-il de prendre le premier volume de la pile et d'en regarder le titre.


- Si cela ne vous ennuie pas de m'aider, dit-il en ouvrant "Pierres des Abysses, la Magie Inconnue", je pense que nous n'avons plus qu'à prendre les livres aux titres les plus prometteurs et à chercher quelque chose qui se rapproche de ceci. Il feuilleta rapidement le livre puis le referma. Celui-ci, par exemple, ne nous intéresse pas puisqu'il parle de roches magiques, or le saphir est une pierre qui n'est pas naturellement magique, la mienne ayant été investie artificiellement d'un pouvoir. Il prit un autre livre, mais ne l'ouvrit pas, et resta quelques secondes en silence.

- Pourquoi m'aidez-vous, Nathanaëlle ? Non pas que je m'en plaigne, bien au contraire, mais nous ne nous connaissons que depuis quelques heures. Certes, leur nature commune les rapprochait, mais il n'était pas sûr que cela soit la seule raison, bien qu'elle pût être suffisante. Curieux, il fixa la semi-elfe.
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Nathanaëlle

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Mar 22 Nov 2016 - 13:00

- Pourquoi m'aidez-vous, Nathanaëlle ? Non pas que je m'en plaigne, bien au contraire, mais nous ne nous connaissons que depuis quelques heures.

Nathanaëlle ne s'attendait pas à cette question. À vrai dire, elle avait agit de manière spontanée, sans aucune préméditation. Anarion lui avait demandé si elle savait où trouver la bibliothèque, et elle l'y avait conduit. Il voulait des livres, elle les avait obtenus pour lui. Pourquoi avait-elle fait tout ça ? Elle aurait pu se contenter de lui donner l'adresse, ou lui indiquer le chemin. Il aurait su consulter le registre seul, trouver les livres. Et la jeune elfe aurait vaqué à ses occupations, de son côté.

À la réflexion, ce n'était pas la première fois qu'elle agissait de la sorte. Avec Arthémise, déjà, et avant elle Ethfey, Bloem, ...
Elle voulait toujours aider les autres. Pour être appréciée, se faire des amis ? Sûrement. Pour se rendre indispensable, que personne ne puisse plus se passer d'elle ? Peut-être. C'étaient là deux bons moyens de s'assurer la stabilité, pas de rejet, de trahison ...

Cette explication aurait dû la contenter, pourtant la guerrière ne s'en satisfaisait pas. Quelque chose la chiffonnait. Habituellement, elle avait tout de même la décence de proposer son aide, et non de l'imposer. À aucun moment Anarion n'avait eu le choix de disposer de son soutien, ou non. Il n'avait pas eu son mot à dire. Elle avait agit sans se poser de questions, mais sans lui en poser non plus. Elle n'avait jamais agit de la sorte auparavant. Pourquoi tenait-elle à ce point à aider l'elfe ? Pourquoi lui spécialement ?

Elle se fit, sans le savoir, la même réflexion que son ami : leur nature commune n'était pas une raison suffisante. Certes, elle avait passé des années à ressasser sa colère contre les elfes, contre leur trahison, contre son sang. Au fil du temps elle n'en avait plus seulement voulu aux Elfes Noirs, mais à tous les porteurs d'oreilles pointues. Puis elle s'était calmée. Sinastra l'avait changée.

Essayait-elle d'expier ses fautes en aidant Anarion ? Cherchait-elle à se repentir, à se punir, à se faire pardonner ? À moins que ...
Elle leva les yeux vers lui et leurs regards se croisèrent.
À moins que ce ne soit autre chose.

Natha soutint un instant le regard franc et pur de son ami, puis détourna les yeux. Elle ne voulait pas penser. Elle ne voulait plus. Au fond, était-ce si important de savoir pourquoi elle l'aidait ? Elle était là, à chercher avec lui, et il avait admis ne pas s'en plaindre. À quoi bon se poser des questions ?

Si la semi-elfe parvint à se convaincre que cela n'avait aucune importance, elle doutait en revanche que cette réponse satisfasse Anarion. Mais que pouvait-elle lui dire ? Qu'elle-même ignorait pourquoi, qu'elle ne voulait pas y penser parce qu'elle avait peur de ce qu'elle pourrait en déduire, qu'elle fuyait une fois de plus ?

Natha sentait le sang battre à ses tempes. Elle avait beau réfléchir, elle ne trouvait rien ! Pas la moindre petite idée, pas une seule phrase ne lui venait à l'esprit ! Soudainement, et pour la première fois depuis des années, elle sentit la panique lui nouer le ventre. Elle n'avait pas d'explication plausible à donner, elle ne savait pas pourquoi, ne voulait pas le savoir, avait peur, et ça en lui ressemblait pas.

Elle se força à se calmer, avec un succès mitigé. Elle détestait cette sensation, cette impression que ses émotions et ses pensées lui échappaient. Elle n'aurait pas dû réagir comme ça, ce n'était pas normal ! D'autres lui avaient posé la question avant, et cela ne l'avait jamais fait paniquer !

La semi-elfe était perdue. Elle attendit d'avoir fait le tri dans son esprit, calmé son rythme cardiaque et chassé tout signe de panique, avant de répondre à Anarion. Au moment où elle ouvrit la bouche, elle ignorait encore ce qu'elle allait lui dire ...


- ... Je ne sais pas. Honnêtement, je n'en sais rien. Je ... Oh, et puis ce n'est pas si important, si ? Mettons-nous plutôt au travail, si nous voulons avoir une chance de terminer avant la fermeture.

Sur ces mots, elle attrapa le premier livre venu et se força à s'y plonger. Ses yeux glissaient sur les lignes, et elle ne saisissait pas un mot de ce qu'elle lisait, si bien qu'elle dut s'y reprendre à quatre fois pour saisir le sens de la première phrase.

Elle tentait de paraître calme et nonchalante, et pensait s'en sortit assez bien.

Mais, posées sur la belle reliure de cuir, ses mains tremblantes trahissaient son anxiété.

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Anarion

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Mar 22 Nov 2016 - 16:01

Anarion gardait son regard fixé sur Nathanaëlle. Il s'attendait à une explication bête, comme "je m'ennuyais" ou "je n'ai jamais vu de pierre de ce genre et cela m'intrigue", mais rien ne vint. Nathanaëlle gardait les yeux baissés. Une seconde passa, puis une deuxième. Il attendit, en commençant à s'interroger. Avait-il dit quelque chose de travers ? En repensant à leur repas dans la taverne des os enflammés, il se souvint des blessures que chacun avait montré aux autres. En avait-il rouvert une autre ? Il allait lui dire que ce n'était pas important, et que son aide était la bienvenue, mais une fois de plus elle le devança. Non pas en prenant la parole, mais en levant soudainement les yeux et en plantant son regard dans le sien. Elle venait de réaliser quelque chose. La raison de sa présence ici avec lui ? Ce qui faisait qu'elle l'aidait, sans rien demander en retour, peut-être sans le réaliser elle-même, et avec joie... avec...

Instantanément, il se bloqua. De nouveau, il se composa un visage impassible, détendu, alors que son esprit entrait en éruption. Il ne voulait pas savoir. Tout mais pas ça ! Il ne pourrait pas le supporter, pas maintenant ! Il sentit monter en lui un sentiment de panique, mais avant qu'il n'ait eu le temps de faire quelque chose de vraiment stupide, la tempête qui faisait rage dans sa conscience se calma soudainement. C'était ridicule. Il était immature et prétentieux de penser que c'était la seule explication, juste parce qu'elle l'avait regardé dans les yeux! Plusieurs siècles d'existence pour faire ensuite une montagne d'un regard!

Mais si ce n'était pas cela, pourquoi Nathanaëlle hésitait-elle ? Il fallait qu'elle lui explique. Qu'il entende l'explication normale, raisonnable qui allait bientôt sortir de sa bouche, qui dissiperait ses chimères.


- Je ne sais pas, murmura-t-elle. Honnêtement, je n'en sais rien. Je ... Oh, et puis ce n'est pas si important, si ? Mettons-nous plutôt au travail, si nous voulons avoir une chance de terminer avant la fermeture.

Puis, avant qu'il ait eu le temps d'esquisser le moindre geste, elle attrapa le livre le plus proche sans même regarder de quoi il s'agissait et se plongea dedans. Alors, lentement, Anarion l'imita. Il prit un deuxième ouvrage, jeta un regard à la couverture, ne comprit pas un mot et l'ouvrit. La réponse de Nathanaëlle aurait difficilement pu être pire. Il prit une grande inspiration et souffla, sentant la panique à deux doigts de le saisir, à sa propre surprise. Pourquoi avait-il si peur ? Ce qui était arrivé la dernière fois ne pourrait pas se reproduire ici. Nathanaëlle était une elfe. Peut-être...

Ça suffit! De telles pensées étaient trop douloureuses. Il n'était pas prêt pour cela, pas encore. Il avait décidé de fermer son cœur à tout sentiment, et il se refusait à le voir battre à nouveau si c'était pour revivre une telle catastrophe. Aussi se força-t-il à se concentrer sur sa lecture, se rendant enfin compte qu'il essayait depuis tout à l'heure de lire son livre à l'envers. Faisant un gros effort sur lui-même, il réussit à lire la première page, mais au milieu de la deuxième il ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil à la semi-elfe. Il remarqua que ses mains tremblaient, et qu'elle n'avait pas tourné une seule page depuis tout à l'heure... Alors, il posa son livre, et, après avoir hésité rapidement, il tendit la main et abaissa celui de Nathanaëlle, se forçant à la regarder dans les yeux et à prendre une voix douce et calme. Deux choses auxquelles il n'était pas habitué : il ne s'adressait ainsi qu'à sa sœur, la seule personne qu'il aimât encore, et cela faisait plusieurs années qu'il ne l'avait pas vue.

- Je voulais vous dire merci. C'est juste, je n'ai pas à vous demander pourquoi vous m'aidez, et ce n'est pas important. Il sentit que sa voix allait le lâcher d'une seconde à l'autre, aussi changea-t-il de sujet avec soulagement. Je vous propose, plutôt que de lire au hasard, de choisir chacun un livre qui nous semble correspondre le mieux à ce que nous cherchons, et de nous concentrer sur celui-ci. Qu'en dites-vous?

Joignant le geste à la parole, il baissa les yeux (avec soulagement), referma son livre, lu le titre, le comprit et, décidant qu'il semblait prometteur, il le rouvrit et lu le sommaire avec concentration. Il sollicitait toute sa tête pour cette tâche pourtant simple afin de s'empêcher de penser à autre chose...
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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Ven 25 Nov 2016 - 1:38

Nathanaëlle sursauta lorsqu' Anarion abaissa son livre. Elle sentit la panique l'envahir. Que dire, que faire ? Comment réagir ? Partir en claquant la porte ? Exploser de rire et prétexter une blague ? Rester figée sur place et attendre désespérément que quelqu'un trouve un moyen de remonter le temps ?

Aucune de ces solutions ne paraissait être la bonne. Quoi, alors ? Dire qu'elle était désolée, qu'elle ne savait pas pourquoi elle avait dit ça, qu'elle l'aidait parce qu'elle n'avait rien d'autre à faire ? Le regarder dans les yeux et lui avouer à quel point, inexplicablement, il la troublait ?

La jeune elfe ne parvenait pas à se défaire de toutes ces interrogations qui lui traversaient l'esprit. Cette situation était inédite, pour elle, et particulièrement inconfortable. Le cœur battant toujours la chamade, agitée comme avant la pire épreuve de sa vie, elle ne parvenait pas à se décider sur la conduite à tenir.

La voix douce et calme d'Anarion doucha son anxiété en moins d'une seconde.  


- Je voulais vous dire merci. C'est juste, je n'ai pas à vous demander pourquoi vous m'aidez, et ce n'est pas important.


Nathanaëlle ne sut que dire. Elle ignorait s'il avait perçu son malaise, et espérait que non, mais de savoir qu'il se satisfaisait de sa réponse (ou plutôt, sa non-réponse) à cette question lui ôtait une épine du pied, et un poids de la poitrine.

L'elfe n'eût pas le temps de s'appesantir davantage sur les motivations d'Anarion, ce qu'il avait compris ou non et ce qu'il supposait, car déjà il reprenait :


- Je vous propose, plutôt que de lire au hasard, de choisir chacun un livre qui nous semble correspondre le mieux à ce que nous cherchons, et de nous concentrer sur celui-ci. Qu'en dites-vous?

Elle ne comprit pas. Un instant, tout s'embrouilla. Les livres, la recherche, leur première rencontre, cette boule au creux de son ventre, les yeux de l'elfe en face d'elle, sa voix douce, ce qu'il faisait naître en elle ...

Submergé par tant de choses, son esprit peinait à mettre de l'ordre dans ses idées.
Il fallut à la semi-elfe une dizaine de secondes pour comprendre de quoi Anarion parlait. Les livres. La recherche, la pierre, la magie ...
Comment avait-elle pu oublier ce pour quoi ils étaient là ? Elle était dans une bibliothèque, un livre à la main, et ne voyait de quels ouvrages parlait son ami ! Si ce n'était pas un comble ...

Rouge de honte et de confusion, Nathanaëlle imita l'elfe et choisit un livre, dans lequel elle se plongea.


Elle voulut s'y concentrer. Elle essaya vraiment, de toutes ses forces, avec la meilleure volonté du monde. Mais son esprit tout entier était tourné vers Anarion, ses moindres gestes, ses attitudes, ses paroles résonnant encore dans la tête de la guerrière ...
Tout son corps était tendu en un équilibre précaire entre joie et désespoir, entrain et anxiété, peur et courage. Fuir ou rester ? Se taire ou parler ? Cela en valait-il seulement la peine ?

La semi-elfe dût décider que oui, car elle ferma son livre et fixa son ami jusqu'à ce que celui-ci lève les yeux. Elle ne savait quoi lui dire, elle ne savait même si elle en avait envie, mais une chose était sûre : elle ne voulait pas rester ainsi.

Elle commença, hésitante, sans savoir comment ni pourquoi amener ce sujet.


- ... Je ... commença-t-elle. Que diriez-vous de ... Aïe. Il fallait finir cette phrase. Mais comment ? ... de ... d'emprunter ces livres et d'aller les terminer à l'ombre d'un chêne, un peu plus à notre aise ? Il me semble que la pluie a cessé.

Nathanaëlle se maudit intérieurement. Elle s'était pourtant répété des centaines de fois de réfléchir avant de parler ... cela permettait d'éviter bien des situations embarrassantes, comme celle-ci le deviendrait dès qu' Anarion aurait entendu les gouttes d'eau frapper les carreaux ...

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Ven 25 Nov 2016 - 12:49

Peine perdue. Malgré toute la concentration et la volonté qu'il y mettait, il n'arrivait pas à bien se concentrer sur son livre. Ni même un peu, en fait.
...pierres, qui vont alors pouvoir être enchantées. Avec la magie aquatique...

Ce regard. Qu'est-ce que c'était que ce regard ? Que voulait-il dire ? Voulait-il seulement dire quelque chose ?
...à ce moment-là que le rituel peut commencer. Avec un archimage, des résultats uniques peuvent être obtenus...
Et puis pourquoi suis-je troublé à ce point ? Et elle, pourquoi semble-t-elle aussi... tendue ?


Il se trouvait face à une situation totalement nouvelle, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Certes, en arrivant à Sinastra, il avait été confronté à de nombreuses nouveautés, il avait été surpris, il avait appris, il avait observé, mais il avait toujours été lui-même, et l'inconnu restait extérieur. Maintenant, l'inconnu était intérieur. La tempête grondait en lui, menaçant à tout instant de le submerger et de lui faire faire quelque chose de stupide, comme partir en courant ou s'effondrer sur la table. La première fois, cela avait été lent, progressif, doux, comme lorsque l'on se réchauffe devant un bon feu alors que la neige tombe. Mais là... Ce n'est pas une seconde fois. Ça n'a rien à voir. Il s'agit d'un malaise, rien de plus, et tout va revenir à la normale. C'est un malaise. Rien d'autre.

Mais si c'était un malaise passager, pourquoi, au milieu de la tempête, y avait-il cette lumière ? Cette percée d'espoir dans la tourmente, qu'aucun nuage ne venait effacer ? Espoir de quoi, il ne saurait le dire - ou plutôt ne cherchait pas à savoir - mais il ne pouvait pas s'empêcher de se tourner vers lui. Cette lumière l'attirait, pleine de promesses si belles... Et si...

Alors que ses pensées se dirigeaient dans une direction qu'il n'était pas sûr d'apprécier, il entendit le bruit sourd d'un épais livre que l'on referme. Il savait d'où il venait, il savait qui en était à l'origine - il n'y avait pas trente-six personnes à cette table - mais il ne leva pas les yeux, l'air toujours impassible, plongé dans son livre. Il attendait. Qu'elle prenne un autre livre. Qu'elle éclate de rire. Qu'elle s'effondre en pleurs. Qu'elle danse sur la table. Tout, mais autre chose que le silence. Et évidemment, ce fut le silence. Mais il ne voulait pas lever les yeux, réalisant qu'il avait peur de ce qu'il pourrait voir dans ceux de Nathanaëlle. Peur... Peur ? Ce fut cela qui le fit réagir. Il n'y avait aucune raison d'avoir peur, bon sang ! Ils étaient là pour une raison précise, et c'était sûrement de cela que Nathanaëlle voulait parler. Aussi rassembla-t-il sa volonté et se força-t-il à regarder la semi-elfe dans les yeux, en évitant de ciller et sans détourner le regard - tâche plus ardue qu'il ne l'aurait pensé.


- ... Je... elle hésitait. Voilà qui s'annonçait mal. Que diriez-vous de... Anarion se força à respirer lentement, et à se détendre. Il réussit à peu près, espérant que son visage donne une impression de nonchalance. ... de... d'emprunter ces livres et d'aller les terminer à l'ombre d'un chêne, un peu plus à notre aise ? Il me semble que la pluie a cessé.

Anarion haussa un sourcil, et regarda Nathanaëlle avec un sourire en coin, oubliant presque l'incongruité de la situation. Avec ses oreilles d'elfe, il entendait très bien le léger martellement des goutes sur le toit et les fenêtres, et la semi-elfe devait l'avoir entendu aussi bien que lui. Puis son sourire disparu lorsqu'il réalisa à quel point elle devait être troublée pour se tromper ainsi... et aussi lorsqu'il prit conscience de sa proposition. Dans n'importe quel autre contexte, cela n'aurait eu aucun sens particulier, mais là...

- Je crois que quelques gouttes tombent encore, dit-il en souriant. Mais ce n'est pas un problème, je pourrais les écarter jusqu'à ce que l'on arrive sous un arbre, où nous serons à l'abri, et plus à notre aise.

Mais ? Ce n'était pas ce qu'il avait eu l'intention de répondre ! Il réalisa qu'il n'avait pas pu s'en empêcher : il avait envie de comprendre ce qui arrivait. Aussi, après être resté assit bêtement pendant un instant, il se leva, remit son diadème, rangea la chaise et prit sa propre pile de livre sous le bras, interrogeant Nathanaëlle du regard.

- Vous connaissez bien la ville. Je vous laisse choisir le lieu que vous penserez être le plus adapté à notre... objectif.
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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Lun 28 Nov 2016 - 21:59

- Je crois que quelques gouttes tombent encore.

Nathanaëlle se figea. Assurément, la situation était embarrassante ... pour ne pas dire catastrophique ! Non contente de se conduire comme une imbécile, il fallait qu'en plus elle se ridiculise !

La guerrière s'apprêtait à quitter les lieux afin de sauver le peu d'honneur et d'amour-propre qu'il lui restait, lorsque qu'elle vit un sourire étirer les lèvres d'Anarion. Était-il possible qu'il ne lui en veuille pas ? Elle n'osait y croire.
Elle n'eut de toute manière pas le temps de s'y appesantir davantage, car déjà l'elfe continuait :


- Mais ce n'est pas un problème, je pourrais les écarter jusqu'à ce que l'on arrive sous un arbre, où nous serons à l'abri, et plus à notre aise.

La semi-elfe n'en crût pas ses oreilles. Non seulement il ne lui tenait pas rigueur de ses paroles idiotes, mais en plus il l'aidait à se sortir de cette situation ? À croire que le prince charmant existait ! (Natha s'en voulut aussitôt d'avoir eu cette pensée ... déplacée.)
Elle s'extasiait encore sur la sympathie et la bonté (beauté ?) de son ami, lorsqu'elle remarqua son trouble. Il se ressaisit rapidement et se leva, sa pile de livres sous le bras, mais Nathanaëlle était certaine de l'avoir vu se figer l'espace d'un instant.
Elle l'observa, ne sachant que faire.

Debout face à elle, son diadème resplendissant dans la lumière, il avait la prestance d'un prince et l'élégance d'un roi.
De nouveau, elle ne sut que dire, que faire.

Une nouvelle fois, ce fût une phrase d'Anarion qui la fit réagir.


- Vous connaissez bien la ville. Je vous laisse choisir le lieu que vous penserez être le plus adapté à notre... objectif.

La jeune elfe se leva avec sa grâce habituelle, saisit sa pile de livre et tendit la main vers celle d'Anarion.

- ... Vous permettez ?

Dès qu'il lui eut donné son accord, elle prit ses livres et ceux qu'elle avait consultés et se dirigea vers le bureau derrière lequel se cachait le gérant des lieux.
Le vieil homme fronça les sourcils en la voyant arriver ainsi, les bras chargés de lourds volumes reliés qu'elle déposa sur le bureau.


- ... Nous souhaiterions les emprunter. Puis-je remplir une fiche ?


Après lui avoir fait promettre de prendre de soin de chacun des ouvrages, de les traites avec mille précautions et de les garder à l'abri de l'humidité, le bibliothécaire lui tendit un bout de parchemin vierge sur lequel elle inscrivit son nom, et le titre de chacun des ouvrages.

Enfin, elle rendit sa pila à Anarion en le remerciant, et quitta avec soulagement Maître Parchemin.

S'approchant de la porte, la semi-elfe tendit la main vers le capuchon de sa cape, avant de se souvenir des pouvoirs de son ami. Elle le laissa donc passer devant, tenant la porte d'une main et les livres de l'autre. Puis elle le rejoignit à l'extérieur et, d'un signe, lui désigna une rue pavée sur sa droite.


- Cette rue mène aux ruines du château, nous y serons à l'abri.


Sur ces mots, Nathanaëlle accéléra l'allure, ne souhaitant pas fatiguer l'elfe plus que nécessaire en le forçant à trop utiliser sa magie.

Si tous deux marchaient côte à côte, la semi-elfe évitait soigneusement de tourner la tête vers Anarion, de peur de croiser son regard ...

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Mar 29 Nov 2016 - 0:37

- Vous permettez ? demanda Nathanaëlle en tendant la main.

Sans un mot, il lui tendit les livres, puis la suivit jusqu'au bureau du bibliothécaire, où le vieil homme l'attendait avec ce qui ressemblait à de l'appréhension. Pour ses livres ? Sûrement, oui.


- ... Nous souhaiterions les emprunter. Puis-je remplir une fiche ?

De nouveau, il constata qu'elle était bien une habituée de l'endroit. Encore une qualité qui te correspond, hein ? Cela prend une bonne direction. Il fronça les sourcils. Qu'est-ce que c'était que cette réflexion ? Il se concentra sur le présent, où le vieillard faisait promettre à Nathanaëlle de prendre soin de ses livres, comme une mère avec ses enfants. Lorsqu'enfin elle eût réussi à en finir avec les formalités, elle se tourna vers lui avec un soulagement évident et lui tendit ses livres.

Puis elle se dirigea vers la porte, l'ouvrit et le regarda. Se souvenant de ce qu'il avait proposé, Anarion passa la porte, s'arrêta juste devant le léger rideau de pluie et ferma les yeux. Puis il les rouvrit, fit trois pas en avant et regarda au-dessus de lui avec satisfaction. La pluie qui tombait au-dessus de sa tête déviait pour retomber derrière lui, évitant que l'eau ne le gêne pour marcher. Puis Nathanaëlle le rejoignit, sa pile de livre sous le bras, en désignant d'un geste une rue pavée.


- Cette rue mène aux ruines du château, nous y serons à l'abri, dit-elle sans le regarder.

En entendant cela, Anarion sentit l'excitation monter. Depuis les portes de Sinastra, il avait vu les ruines - il était impossible de ne pas les remarquer - et il avait eu une forte envie d'aller y faire un tour, aussi ne fit-il pas la remarque qui allait franchir ses lèvres - il doutait qu'ils trouvent beaucoup de chênes dans un château en ruine. Puis tous deux se mirent en marche à vive allure, Nathanaëlle semblant pressée d'arriver. Le malaise qui l'avait saisie dans la bibliothèque semblait l'avoir quittée, et Anarion espérait qu'il s'était fait des idées. Et pourtant... La semi-elfe refusait obstinément de le regarder. Plusieurs fois il essaya d'attirer son regard, mais elle regardait partout, sauf en sa direction, et comme elle marchait légèrement devant lui, elle ne devait pas remarquer ses tentatives. Alors il finit par renoncer et regarda autour de lui... et remarqua au bout d'un moment qu'il fixait les cheveux de Nathanaëlle. Leur couleur argentée était hypnotisante, et il se surprit à se dire que cette couleur douce s'accordait parfaitement au caractère de la semi-elfe. Un caractère si agréable, compatissant, aimable et...

Il coupa net sa litanie. La direction que tous deux prenaient était peut-être celle du château, mais en même temps ils avançaient sur un chemin dangereux. Un chemin d'ombres cruelles et de lumières sublimes, un chemin qu'Anarion n'avait pas envie de fouler à nouveau. Devait-il partir ? Demander à son amie de le laisser, avant qu'elle ne devienne autre chose pour lui ? Il ne pouvait nier ce qui était en train de se passer, il aurait fallu être complètement stupide ou particulièrement borné pour ne pas le voir, mais il pouvait encore choisir. Il n'était pas trop tard pour s'éloigner, cela ne serait pas douloureux.

À moins que ça ne le soit ? Il s'était convaincu qu'il ne voulait pas expérimenter... cela à nouveau, mais au fond quelles étaient ses raisons ? Il repensa à la dernière et seule fois où cela lui était arrivé. La douleur provoquée par sa mort... Ce ne serait pas un problème ici. La réaction de sa famille... il avait définitivement coupé les ponts avec elle. L'exil et le rejet de ses pairs... Pareil, cela ne pouvait plus arriver.

Alors il senti comme un poids s'élever et sortir de son corps. Il n'avait pas changé d'avis, il faudrait bien plus de temps pour cela, mais il avait réalisé que ses craintes n'étaient pas fondées. Encore fallait-il qu'il réussisse à s'en persuader, et que Nathanaëlle pense comme lui pensait. Il se racla la gorge et s'arrêta.


- Hem. Nathanaëlle ?

Il attendit qu'elle s'arrête - elle n'avait pas le choix, sauf si elle voulait prendre une douche. Puis il ouvrit la bouche, n'ayant pas la moindre idée de ce qu'il allait dire. C'était une situation qui ne lui était pas familière et qui l'énervait, aussi se força-t-il à dire quelque chose.

- Je... je voudrais savoir. Est-ce que... Il se racla la gorge à nouveaux. Il avait froid. Oui, c'était sûrement pour cela. Euh, connaissez-vous quelqu'un dans cette cité qui ait connu le temps où ce château était encore debout et habité ?

Il n'avait pas réussi à lui demander, et avait posé la première question qui lui passait par la tête. Tant pis. C'est sans doute encore trop tôt... mais il faudra bien que je finisse par lui demander. Sans trop savoir s'il était soulagé de ne pas avoir réussi à poser sa question, il sourit à son amie, attendant qu'elle lève les yeux - elle finirait sûrement par le faire. Il ne voulait pas savoir pourquoi il souriait ni pourquoi il contemplait son visage presque avec bonheur en attendant qu'elle parle.

Il finirait bien par trouver la réponse à sa question. Peut-être n'aurait-il pas à la poser. Peut-être les évènements rendraient-ils superflue une explication de l'étrange réaction de Nathanaëlle, la rendant parfaitement claire.
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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Jeu 1 Déc 2016 - 11:58

Anarion avait essayé d'attirer son regard, mais elle avait obstinément refusé de tourner la tête. Aussi pensait-elle que le trajet se terminerait dans le calme, aucun n'osant s'adresser à l'autre, et qu'ainsi elle aurait le temps de réfléchir et de peser chacun de ses mots avec minutie.
Mais c'était sans compter sur l'elfe.

Nathanaëlle sentit son regard sur elle tandis qu'elle marchait devant lui. Elle se força à ne pas se retourner, bien qu'elle en meure d'envie, de peur de ne savoir que dire et de rendre la situation embarrassante une fois de plus.  


- Hem. Nathanaëlle ?

Perdue dans ses pensées, la semi-elfe n'avait pas remarqué qu'il s'était arrêté. Elle l'imita et se tourna vers lui, sans toutefois daigner le regarder. Elle avait trop peur de ce qu'il pourrait lire dans ses yeux ...
Et elle craignait encore plus ce qu'il s'apprêtait à dire.



- Je... je voudrais savoir. Est-ce que... Il se racla la gorge. Euh, connaissez-vous quelqu'un dans cette cité qui ait connu le temps où ce château était encore debout et habité ?

Elle leva la tête. Il la fixait ; elle détourna le regard.

Nathanaëlle était le genre de personne qui recherche l'inconnu tout en le redoutant. Dès qu'elle se trouvait dans une situation inédite, elle amenait le cours des choses dans son domaine de compétence, afin de reprendre le contrôle. C'était ce qu'elle avait fait tout au long de sa vie, ce qu'on lui avait appris. "Ne sois jamais prise au dépourvu" , "S'il y a quelque chose que tu ignores, renseigne-toi. Le savoir est vital !".

À cet instant précis, elle ne demandait qu'à se renseigner. Trouver quelqu'un à qui demander quoi faire, comment se comporter, si ce qu'elle ressentait était sensé ou totalement déraisonnable.

Car s'il y avait bien un sujet auquel la semi-elfe ne s'était jamais intéressée, c'était l'amour. Elle ne se pensait pas concernée, ne voyait pas qui pourrait l'aimer, se savait incapable de tels sentiments. Elle n'avait rien demandé, rien lu, rien vécu dont elle aurait pu tirer un quelconque enseignement. Et aujourd'hui, elle le regrettait.

Son histoire, son passé faisait qu'elle n'était pas à l'aise dans les relations humaines. Elle aidait les autres, elle se montrait cordiale voire amicale, mais elle se confiait très peu et n'exprimait jamais ses sentiments.
Elle était pour ainsi dire novice, en ce qui concernait l'ouverture aux autres.
Mais elle était très doué pour savoir ce que ressentaient les personnes autour d'elle.

Sauf Anarion.

Elle pensait, non, elle espérait qu'il ressente la même chose pour elle que ce qu'elle ressentait pour lui, et pourtant elle doutait. L'amour, le vrai, réciproque, existait-il ? Pouvait-ce être si simple et si compliqué à la fois ?
Pourquoi avait-elle l'étrange impression qu'Anarion et elle parlaient pour masquer leur trouble, sans réussir à formuler leur pensée ?

Nathanaëlle décida de mettre fin à ce jeu du chat et de la souris entre eux. Il était temps d'avoir une discussion claire et sans ambiguïté.

Mais d'abord, la question d'Anarion appelait une réponse.

- ... J'ai vu ce château du temps de sa splendeur. J'ai connu le Roi démon, assisté à sa chute et à sa déchéance. Mais ce n'est pas de cela dont je souhaite vous parler. Elle ajouta avec un faible sourire : Un autre jour, promis, je vous raconterai. Pour l'heure ...
Elle prit le temps de respirer. ... Anarion, à quoi jouons-nous ? Vous m'observez, je fuis votre regard, nous parlons de choses qui n'ont rien à voir avec nos pensées ... Elle eut l'air d'avoir mal. Pourquoi est-ce si dur ? Pourquoi avons-nous si peur ? Elle le fixait à présent, une lueur désespérée dans le regard. ..Anarion, je ne connais rien à l'amour. Je ne l'ai connu qu'en rêve, ou plutôt en cauchemar. Aujourd'hui je l'appelle et l'exècre à la fois; j'ai peur de ce qu'il pourrait amener; j'ai peur que quelqu'un lise en moi et découvre que je ne suis pas si forte que je veux le faire croire. Je suis terrifiée à l'idée d'avancer en terrain inconnu, de commettre un impair, d'être blessée ou pire, de vous blesser. Elle baissa la tête, ne pouvant soutenir son regard. Car c'est de vous qu'il s'agit, oui. Peut-être suis-je folle, désespérée ou idéaliste. Peut-être me suis-je trompée, peut-être ne voudrez-vous plus me revoir. Si je vous ai ennuyé, blessé ou causé un quelconque tort par mes mots ou mes actes, je vous prie de m'en excuser.

Elle resta sur place, figée comme une statue de cire, les bras serrés contre elle en une ultime protection. Son âme était à nu, ses yeux fixaient l'horizon. Tout son corps était tendu dans l'attente de ce qui allait suivre.

Elle murmura, presque sans voix :


- .. Il fallait que je vous dise.

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Jeu 1 Déc 2016 - 14:33

- J'ai vu ce château du temps de sa splendeur, répondit-elle, sans toutefois lever le regard. J'ai connu le Roi démon, assisté à sa chute et à sa déchéance. Il la regarda avec un intérêt accru. Il n'avait pas oublié - comment aurait-il pu ? - le plus important, mais il avait réussi à le mettre en sourdine. Bien sûr, il aurait dû se douter que ça n'allait pas rester ainsi longtemps.

- Mais ce n'est pas de cela dont je souhaite vous parler. Un autre jour, promis, je vous raconterai, ajouta-t-elle avec un léger sourire. Pour l'heure... Anarion sentit de nouveau poindre les prémisses de la panique. Nathanaëlle allait-elle mettre les pendules à l'heure ? Avait-il envie d'entendre ce qu'elle s'apprêtait à dire ? Il n'eut pas le temps de trouver la réponse - qu'il n'aurait sûrement pas trouvée, d'ailleurs - qu'elle prit la parole à nouveau.

- Anarion, à quoi jouons-nous ? Vous m'observez, je fuis votre regard, nous parlons de choses qui n'ont rien à voir avec nos pensées... dit-elle d'une voix triste, presque blessée. Anarion, face à elle, ne bougeait pas. Il aurait préféré qu'un dragon déboule au milieu de la route plutôt que d'entendre la suite, mais comme aucun dragon n'eut l'amabilité de venir les déranger, il ne put qu'écouter.  Pourquoi est-ce si dur ? Pourquoi avons-nous si peur ? continua-t-elle, et ses yeux le fixaient enfin. Sauf que maintenant, il avait un mal fou à les soutenir. L'air désespéré qu'il voyait en eux ne l'aidait pas. Anarion, je ne connais rien à l'amour.

Voilà. Le mot fatidique était tombé, mais Anarion ne se sentit pas tomber. Il pensait qu'en découvrant les sentiments de Nathanaëlle il sombrerait dans l'obscurité et le déni, mais en réalité... il était divisé. Une part de lui avait l'impression de se réchauffer, de brûler, même. Il n'avait plus besoin de poser sa question, Nathanaëlle avait explosé ses doutes. Mais une autre part de lui avait toujours peur, peur de ce qui pourrait arriver, de ce que cela pourrait impliquer. Et cette partie n'avait toujours pas oublié Indil, dont le souvenir était fermement ancré en sa mémoire. Les elfes se souviennent bien, et parfois ils aimeraient pouvoir oublier. De toute évidence, Nathanaëlle partageait ses craintes... mais pas sa joie.

- Je ne l'ai connu qu'en rêve, ou plutôt en cauchemar. Aujourd'hui je l'appelle et l'exècre à la fois; j'ai peur de ce qu'il pourrait amener; j'ai peur que quelqu'un lise en moi et découvre que je ne suis pas si forte que je veux le faire croire. Je suis terrifiée à l'idée d'avancer en terrain inconnu, de commettre un impair, d'être blessée ou pire, de vous blesser. Car c'est de vous qu'il s'agit, oui.

Même s'il l'avait déjà compris, l'entendre le dire lui fit comme une décharge. Pour la première fois depuis deux siècles, il sentit son cœur se réchauffer.

- Peut-être suis-je folle, désespérée ou idéaliste, continuait Nathanaëlle. Peut-être me suis-je trompée, peut-être ne voudrez-vous plus me revoir. Si je vous ai ennuyé, blessé ou causé un quelconque tort par mes mots ou mes actes, je vous prie de m'en excuser.

Il voulait lui dire quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Elle souffrait, à cause d'une peur qui n'avait pas de raison d'être, et lui seul pouvait l'aider. Elle était comme figée, glacée, ce qu'il comprit aisément. Lui n'aurait jamais réussi à exposer ainsi son âme. Puis il entendit un dernier murmure, prononcé d'une voix éteinte, douloureuse, qui lui fit fronçer les sourcils.

- ... Il fallait que je vous dise.

Il n'aimait pas l'entendre parler comme cela. Aussi renonça-t-il à parler et, lentement, très lentement, comme s'il était en face d'un animal sauvage, il leva la main jusqu'à ce que le bout de ses doigts touche la joue de la semi-elfe. Il y passa le bout de ses doigts lentement, l'effleurant à peine. Il oscillait entre bonheur et pur effroi. Prenant son courage à deux mains, il déplia sa main et la posa entièrement sur sa joue en la fixant dans les yeux.

- Vos peurs n'ont pas de raison d'être. J'ignore s'il s'agit d'une bonne ou d'une mauvaise chose, mais nous sommes embarqués ensemble dans cette histoire. Vous n'êtes ni folle, ni désespérée, ni idéaliste. Vous ne vous êtes pas trompée... et je ne veux pas ne plus vous revoir. Quand à savoir pourquoi cela est si dur... pour moi, je le sais bien. J'ai déjà connu cela, et ça aurait difficilement pu se terminer plus mal. Pour vous, vous seule en connaissez la réponse, et il ne m'appartient pas de vous la demander. Peut-être ne devrais-je pas faire ce que je fais, mais je le fait, et je ne le regrette pas, bien que, je vous l'avoue, cela me soit difficile.

Et, pour cette raison, il baissa les yeux et la main et ramassa son sac de livre, qu'il avait posé sur le sol sans même y faire attention.

- Je n'aurais pas dû faire cela. Ça n'est pas juste envers vous, et je ne vous laisse aucun choix.

La chaleur était partie. Son cœur, effrayé de ce qu'il lui était arrivé, avait décider de se refermer, et son visage devint inexpressif alors qu'il se détournait, s'apprêtant à repartir.
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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Dim 4 Déc 2016 - 21:22

Elle tremble. Ses doigts qui s'approchent, qui effleurent sa joue. BOUM. BOUM. Son coeur bat à plein régime. BOUM. Sa main sur sa joue. BOUM BOUM BOUM. Ses mots. BOUM.

Plus rien.



Il se détourne, il va partir. Rattrape-le, cours-lui après ! Il s'en va, il te laisse. Seule, encore ! Tu ne le supporteras pas. Cours ! Bouge ! Attrape sa main et garde-là ! Force-le à poser ses livres, et au diable la pluie, le monde et les passants, embrasse-le ! Tu en meurs d'envie ! Laisse là ta peur et tes regrets, il est de ceux qui t'aiment comme tu es. Ne change rien, ne crains pas, il te protégera. L'amour n'étouffe pas, il permet de vivre. Bats-toi ! Pour l'amour ! Pour lui ! Pour mériter ton happy end, une fois au moins ! Laisse éclater tes mots, ta colère, ta joie ! Dis-lui que tu l'aimes, que tu l'aimeras, que tu n'espères en rien plus qu'en lui ! Chuchote-lui tout ce que tu rêves que l'on te dise. Dis-lui à quel point il est beau, gentil, séduisant et attentionné ! Confie-lui tes angoisses et tes peurs, montre-lui tes faiblesses ! Il t'acceptera, tu le sais. Et au fond c'est ça qui t'effraie : tu as peur de ne pas être à la hauteur, de te rendre compte un peu plus chaque jour à quel point il t'est supérieur, et qu'un jour lui le voie et ne veuille plus de toi.

Tu penses comme une enfant. Tu feins d'être forte, mais dans ton coeur tu es toujours cette gamine derrière la fenêtre qui regarde les autres s'amuser. Quand quitteras-tu ta prison ? Quand t'échapperas-tu ? Brise la vitre, saute ! Tu te blesseras sans doute, mais au moins tu seras libre.

Un oiseau n'est pas fait pour être en cage. Un enfant non plus. Vole, Nath ! Brise tes chaînes, tu le peux ! Celles-ci, c'est toi-même qui les as mises. Tu en as la clé. Tu peux partir, quand tu veux, où tu veux. Il n'y a que les regrets qui te retiennent, et ils ne disparaîtront jamais. Oublie-les. Passe outre tes pensées, outre le passé ! Cours, ton futur t'attend !

Si tu n'as pas assez de force pour tourner la clé seule, alors donne-la lui. Il le fera pour toi. Cet homme-là le peut, Nath'. IL peut te sauver, t'emmener au loin, t'offrir le bonheur que tu recherches. Laisse-lui une chance.

Ne le laisse pas partir !



Les pensées se bousculaient dans sa tête et dans son coeur, et pourtant elle ne bougeait pas.

Puis tout se débloqua, et elle tendit la main pour attraper celle d'Anarion. Ce n'était rien, rien qu'un geste anodin, mais pour elle il représentait tellement !

Elle s'effondra, se laissant tomber à genoux. Toutes les larmes de son corps se mirent à inonder ses joues, et elle pleura comme l'enfant qu'elle n'avait jamais cessé d'être.
Dans ses yeux et dans son coeur, elle revivait les trahisons, les tortures, les manigances ; elle fixait les cicatrices de son âme et de sa chair, elle souffrait. Elle avait peur, elle avait froid.

Elle l'aimait.

Elle voulait être avec lui, à chaque seconde que la vie lui offrait. Elle rêvait au futur, au bonheur peut-être, à l'innocence. Au pardon, aussi.

Elle pleurait toujours, elle sanglotait au milieu de cette rue, si forte mais si démunie. Elle appelait à l'aide, elle demandait pardon, elle criait son amour.


D'une main, elle s'essuya les yeux en un geste aussi vain qu'inutile puisque les larmes ne mirent pas plus d'une seconde à inonder de nouveau son regard. Mais cette seconde lui avait suffit à observer Anarion. à contempler avec adoration les traits de son visage, à l'imaginer en train de rire.

Elle ne prononça pas un mot, laissant ses joues inondées parler pour elle.
Elle se demanda ce qu'Anarion allait faire. S'il voudrait encore d'elle, s'il partirait.


Une seule chose demeurait : elle n'avait pas lâché sa main.    

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Lun 5 Déc 2016 - 14:19

Il était face à la rue. Il n'avait plus qu'à partir... partir au loin, s'éloigner de cette femme qui le rendait si vulnérable; mais pourtant il n'arrivait pas à bouger. Il était perdu. Il se refusait à aimer à nouveau, et il avait décidé de ne jamais y succomber à nouveau, mais il était trop proche de ce sentiment. Il ne fallait pas qu'il y retombe. Aussi inspira-t-il un grand coup, prêt à partir.

Mais avant qu'il ait pu avancer, il sentit une main se tendre et prendre la sienne. Il tourna la tête vivement, comme électrocuté, pour voir Nathanaëlle tomber à genoux en pleurant toutes les larmes de son corps. Il était stupéfait. Il oublia tout, et la pluie tomba sur eux à verses, mais il n'y fit pas attention. Il fixait la main qui brûlait la sienne, et ils auraient pu rester ainsi pendant une minute ou un an sous la pluie battante, il n'aurait su le dire, mais lorsqu'il reprit ses esprits il n'avait pas bougé d'un pouce.

Son premier réflexe fut alors de fuir. Se dégager de cette poigne, courir, l'empêcher de le suivre, et quitter cette ville pour ne plus jamais y revenir. Pour ne plus voir ces yeux torturés et amoureux. Il faillit le faire, il en était à deux doigts. Il se préparait déjà à se libérer, mais au lieu de cela il s'imagina à la place de la semi-elfe. S'il s'était ainsi ouvert à une femme et que celle-ci s'était enfuie, effrayé, il pourrait en mourir. Renoncer à la vie, laisser son esprit partir, comme tant d'elfes avant lui, pour enfin laisser la douleur derrière lui, mais il ne voulait pas que Nathanaëlle subisse un tel désespoir. Il voulait la voir heureuse, épanouie, riante sous un soleil radieux... et il voulait être à ses côtés ce jour-là. Alors, au lieu de fuir, il tira sur la main de la jeune femme, l'aidant à se relever, et il retira une mèche trempée de son visage.


- Je suis indigne de toi. Je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à ce que je reste à tes côtés, je n'ai rien fait pour le mériter. Mais si tu tiens à moi... Il soupira. Je raconte n'importe quoi. Je n'ai jamais été doué pour parler.

Et, sans même comprendre ce qu'il faisait, il se pencha vers elle et l'embrassa.


Puis il réalisa ce qu'il était en train de faire, et, choqué par son audace, il recula précipitamment.


- Je suis navré, je... je ne sais pas... Pardonnez-moi. Je pense que je... il vaut mieux que je parte. De mon côté. Vous... merci pour l'aide que vous m'avez apporté.

Et, sans oser la regarder, il ramassa les livres, rétablit leur protection contre la pluie et lui tourna le dos, ignorant les larmes qui lui brûlaient les yeux.
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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Jeu 15 Déc 2016 - 3:13


- Je suis indigne de toi. Je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à ce que je reste à tes côtés, je n'ai rien fait pour le mériter. Mais si tu tiens à moi...
Il soupira. Je raconte n'importe quoi. Je n'ai jamais été doué pour parler.

Nathanaëlle buvait ses paroles. Elle était si perturbée par cette situation qu'elle ne remarqua même pas qu'Anarion la tutoyait. Ou plutôt, cela lui était totalement égal. À cet instant, seuls comptaient des mots. Il disait ne pas comprendre, ne pas savoir pourquoi elle tenait tant à ce qu'il reste à ses côtés. Il n'avait rien fait pour la mériter, selon ses dires.

Elle avait envie de lui expliquer. Pour la première fois de sa vie, Nathanaëlle avait envie de raconter son histoire à quelqu'un. Parler de son enfance, de son père. De son frère, aussi. Et de trahison, de haine et de violence. Elle voulait crier sa rage contre ce monde qui n'avait jamais voulu d'elle, sa colère contre son peuple perverti, son dégoût pour le sang qui coulait dans ses veines.

En arrivant à Sinastra, la semi-elfe avait raconté son passé à Yorwan et Lynaëlle. Plus tard, c'est à Ignis et Bloem qu'elle s'était confiée. Puis Arthémise.

Plusieurs fois déjà, elle avait prononcé ces mots. Mais jamais encore en le souhaitant vraiment.
Pourtant, ce jour-là, seule sous la pluie face à Anarion, les mots lui brûlaient les lèvres. Parce qu'il voulait comprendre, et parce qu'elle voulait pardonner. Parce qu'il était un elfe, et que malgré cela elle avait la certitude qu'il ne la trahirait jamais.
Elle ne savait pas pourquoi lui, pourquoi maintenant. Ils se connaissaient si peu...
Il y avait des tas d'hommes forts et charmants à Sinastra, mais aucun ne lui avait jamais fait tourner la tête.
Anarion était nouveau, certes, mais il était aussi et surtout cultivé, poli, droit, et il de dégageait de lui tant de prestance et d'assurance... il semblait que rien ne lui était insurmontable. Et aujourd'hui, il était si doux, si tendre avec elle !

Et il demandait pourquoi !

Pour ne pas mourir seule. Pour connaître l'amour autrement que dans les livres, ne serait-ce qu'une fois, ne serait-ce qu'éphémère. Pour que quelqu'un la rassure lorsque ses cauchemars la réveillent la nuit. Pour que dans son dos, la marque des esclaves cesse de la hanter.

Elle avait tant de réponses à lui donner !
Mais il ne lui laissa pas le temps d'en formuler une seule.

Subitement, il l'embrassa.

Cela ne dura qu'un instant, un tout petit bout d'éternité volée. Puis il sembla réaliser ce que l'audace l'avait poussé à faire, et le charme prit fin.


- Je suis navré, je... je ne sais pas... Pardonnez-moi. Je pense que je... il vaut mieux que je parte. De mon côté. Vous... merci pour l'aide que vous m'avez apportée.

Désolé. Anarion était désolé. La jeune femme ne comprenait pas la raison de ces excuses. Il lui avait offert une preuve d'amour spontanée et pure, un concentré de bonheur et de sensations incroyables. Et il s'en excusait ....

Il lui tourna le dos, une nouvelle fois, et elle réalisa en une fraction de seconde ce que cela signifiait. Il allait partir, comme ça, sans qu'elle n'ait eu le temps de lui expliquer quoi que ce soit . Sans même avoir été clair avec elle. L'aimait-il ? Son baiser criait que oui, sa fuite disait le contraire.

Pour une fois, sans doute la première depuis des siècles, Nathanaëlle ne gaspilla pas son temps en questions inutiles.

Avec la détermination que donnent l'amour et la peur, elle se tourna en un éclair et fit face à Anarion.
Elle ne lui laissa pas le temps de réagir, s'interdisant par la même occasion de changer d'avis.

Délicatement, et avant que sa volonté ne faiblisse, elle plaqua ses lèvres sur les siennes et l'embrassa à son tour.

De nouveau, la semi-elfe sentit le bonheur imprégner son corps et son esprit et, tout le temps que cela dura, elle fut heureuse comme jamais auparavant.


Lorsque enfin elle recula, les yeux brillants et les joues roses, ce fut pour lui adresser les mots qui tournaient dans son esprit. .

- Ne t'excuse pas d'être si gentil. Tu n'as rien à te reprocher, vraiment. Tu es parfait, autant qu'il est possible de l'être, et si ce n'est qu'à mes yeux cela me convient. Je t'aime. Je ne sais pas pourquoi, ou plutôt je ne le sais que trop bien. Toute ma vie j'ai attendu que quelqu'un me libère de mon passé, et vous, par votre condition d'elfe, votre douceur et votre force, vous y parvenez. Mon enfance, mon passé ont laissé leur emprunte sur mon corps et mon esprit, ne me laissant voir de l'avenir que ce qu'il y a de plus sombre. Aujourd'hui j'ai l'impression qu'avec toi tout peut changer.

Elle marqua une pause, reprit son souffle.

- ... Mes paroles sont confuses, tout cela est si nouveau, si rapide !
Elle eut un faible sourire. Je ne sais même plus si je dois vous vouvoyer ou vous tutoyer. Elle le fixa, de nouveau sérieuse. Je ne veux vous forcer à rien, Anarion, ni brûler les étapes.

Elle marqua une nouvelle pause, mais ne décrocha pas son regard de celui de l'elfe. Épuisée par tant d'émotions, minée par l'espoir, la honte et la peur, elle trouva cependant en elle la force d'assurer sa voix.
Prenant la main d'Anarion dans la sienne, elle conclut :


- ... Dites moi seulement si vous m'aimez.

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Jeu 15 Déc 2016 - 17:28

Mais avant qu'il n'ait pu faire le moindre pas en avant, Nathanaëlle rentra à nouveau dans son champ de vision. Il n'eut pas le temps de réagir que déjà elle l'embrassait à son tour. Alors, ce fut comme si un feu venait d'éclater dans sa poitrine: enfin, son cœur s'ouvrit. Il était resté figé depuis presque deux siècles, ne ressentant ni amitié, ni amour, ni aucun attachement d'aucune sorte, et voilà qu'enfin il se mettait à se réchauffer à nouveau. Et lorsqu'elle recula, il ne put s'empêcher de la suivre un peu.

- Ne t'excuse pas d'être si gentil, lui dit-elle. Tu n'as rien à te reprocher, vraiment. Tu es parfait, autant qu'il est possible de l'être, et si ce n'est qu'à mes yeux cela me convient. Je t'aime. Je ne sais pas pourquoi, ou plutôt je ne le sais que trop bien. Toute ma vie j'ai attendu que quelqu'un me libère de mon passé, et vous, par votre condition d'elfe, votre douceur et votre force, vous y parvenez. Mon enfance, mon passé ont laissé leur emprunte sur mon corps et mon esprit, ne me laissant voir de l'avenir que ce qu'il y a de plus sombre. Aujourd'hui j'ai l'impression qu'avec toi tout peut changer.

Sur le moment il ne pu rien faire d'autre que lui sourire, tout en se disant qu'il aurait pu lui dire exactement la même chose. Sa perfection à ses yeux, la hantise du passé, les empruntes qu'il avait laissé qui obscurcissaient le futur et enfin l'espoir d'un changement... tout cela, il le ressentait en cet instant. Le fait qu'elle oscille entre tutoiement et vouvoiement montrait bien qu'elle ne savait plus trop où elle en était. Exactement comme lui.

- ... Mes paroles sont confuses, tout cela est si nouveau, si rapide ! Je ne sais même plus si je dois vous vouvoyer ou vous tutoyer, continua-t-elle, souriant légèrement. Je ne veux vous forcer à rien, Anarion, ni brûler les étapes, ajouta-t-elle, redevenant sérieuse.

Ses yeux bleus étaient fixés sur les siens, et l'aurait-il voulu qu'il n'aurait pas pu s'en détourner. Il était inexorablement aimanté par ces yeux et par le visage qui les entourait, et lorsqu'elle lui prit la main il eut l'impression qu'une décharge la traversait.


- Dites-moi seulement si vous m'aimez.

Cette question devint subitement le centre de son univers. Est-ce qu'il l'aimait ? Il semblait de plus en plus évident que la réponse était oui. Il la trouvait plus belle à chaque minute qui passait, sa voix devenait plus mélodieuse à ses oreilles, et surtout il commençait à imaginer un avenir bien plus riant que celui qu'il voyait jusque-là, un avenir qui lui avait semblé noir et éprouvant, où la mort au combat serait une délivrance... Et pourtant, maintenant, il ne voulait plus mourir. Il se rendit compte avec une certaine stupeur qu'effectivement, il aimait Nathanaëlle. Passionnément, sans retenue.

Avec stupeur, parce qu'enfin il ressentait l'amour après deux siècles à l'avoir oublié et repoussé. Il appréciait ses quelques amis et il aimait sa sœur, mais seulement avec son intelligence et parce qu'il se sentait bien en leur compagnie. Ses sentiments, eux n'aimaient personne... excepté une femme. Une semi-elfe aux cheveux d'argent.


- Bien sûr que je vous aime, dit-il en lui caressant la joue, laissant cette fois-ci sa main, comme s'il voulait graver ce contact dans sa mémoire à tout jamais. Je t'ai tourné le dos parce que j'ai déjà aimé une femme, une fois, et que cela... cela s'est mal terminé. Mais je sais, maintenant, qu'avec toi je n'ai pas à craindre ce qu'il lui est arrivé. Je te le raconterais, un jour, pour me faire pardonner...

Il s'interrompit, repensant à ce qu'il venait de dire. Il n'avait jamais voulu raconter à personne ce qu'il s'était passé après la mort d'Indil, mais maintenant il voulait absolument que Nathanaëlle sache. Qu'elle sache non seulement cela, mais également tout ce qui le concernait, tout ce qu'il savait sur lui-même, tout ses souvenirs, même les plus insignifiants... Tout, et même plus. Lui qui était toujours complètement fermé voulait s'ouvrir en entier.

- Je t'aime. Je ne peux plus le nier, et je n'en ai plus envie, parce que je n'ai pas été aussi heureux depuis un temps bien trop long, et parce que je souhaite de tout coeur que tu m'aime en retour. Malgré mon sale caractère et tous mes défauts, et malgré ma peur face à mes sentiments.

Et, cédant auxdits sentiments, il se pencha et la pris dans ses bras, l'étreignant avec passion, toute sa douleur et sa peur se diluant dans cette étreinte flamboyante, et il sourit, comme si la tempête qui avait fait rage en lui quelques minutes plus tôt n'avait été là que pour chasser les nuages, dévoilant un ciel vierge de ténèbres et illuminé par le plus beau des soleils.
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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Lun 19 Déc 2016 - 2:15

- Bien sûr que je vous aime.

Le contact de la main de l'elfe sur sa joue ne lui fit aucun effet, tant cela était dérisoire comparé à ce qu'Anarion venait d'annoncer. Il l'aimait ! Il était AMOUREUX d'elle !!

Dans sa tête, Nathanaëlle sentit une fanfare se mettre à jouer à tue-tête, rythmée par le son des canons (ou étaient-ce les battements de son cœur ?).
Dans son cœur, un feu d'artifice explosa en une myriade d'étoiles multicolores.

La semi-elfe passa par tous les sentiments possibles et imaginables. La peur et l'angoisse étaient présents, bien sûr, mais c'était bel et bien le bonheur qui dominait. C'était comme si sa vie entière venait de basculer.

D'un coup, la guerrière n'avait plus de soucis, plus de remords, plus rien d'autre que l'elfe face à elle et ses mots enchanteurs.

"je vous aime"... C'était fou de constater la puissance de ces trois petits mots. Étaient-ils donc magiques, pour causer de tels sentiments à ceux qui les entendaient ?


La jeune elfe n'eut qu'à peine le temps de se remettre de ses émotions, avant que l'elfe ne reprenne :

- Je t'ai tourné le dos parce que j'ai déjà aimé une femme, une fois, et que cela... cela s'est mal terminé. Mais je sais, maintenant, qu'avec toi je n'ai pas à craindre ce qu'il lui est arrivé. Je te le raconterais, un jour, pour me faire pardonner...


Il la tutoyait à nouveau, mais une fois de plus elle le remarqua à peine. Il avait déjà aimé ...
Elle frissonna. Dans sa naïveté, elle croyait que l'amour durait ad vitam æternam. Elle n'imaginait pas qu'une personne puisse un jour cesser d'en aimer une autre, à plus forte raison encore s'il s'agissait d'Anarion.
Curieuse et inquiète, elle mourait d'envie de la questionner à ce sujet mais l'expression de son visage laissait à penser que cet épisode l'avait blessé, et elle ne voulait pas lui infliger de souffrance inutile. Surtout pas.




- Je t'aime. Je ne peux plus le nier, et je n'en ai plus envie, parce que je n'ai pas été aussi heureux depuis un temps bien trop long, et parce que je souhaite de tout cœur que tu m'aime en retour. Malgré mon sale caractère et tous mes défauts, et malgré ma peur face à mes sentiments.

De nouveau, Natha sentit ses angoisses fondre comme neige au soleil. L'amour avait cette faculté, de tout reléguer au second plan ...

La seconde partie de la phrase d'Anarion l'étonna. Il avait peur ? Lui, un guerrier si brave, si courageux, un homme si fier et si parfait, il avait peur d'aimer ? Un instant, la semi-elfe se prit à penser que l'amour était sans doute le plus grand ennemi de l'homme ... pouvait-il dans le même temps être son plus fort allié ? Elle l'espérait, de toute son âme.


La guerrière se heurta une fois de plus à l'incompréhension lorsque l'elfe évoqua son mauvais caractère et ses défauts. Au contraire, elle le trouvait charmant, cultivé, aimable, ...
Un vieux sage lui avait dit un jour que chaque personne était plus prompte à repérer ses propres défauts, que ceux des autres. Ces paroles étaient sûrement emplies de bon sens, mais malgré tout Nathanaëlle persistait à penser que l'élu de son coeur était parfait.

Il y avait là une ironie qui faillit la faire sourire. Elle avait passé tant d'années à se répéter que la perfection était une lubie, un rêve inaccessible, que les êtres parfaits n'existaient que sous la plume de romanciers mal inspirés ...
Et voilà qu'à présent elle s'acharnait à renier les défauts d'un homme qui pourtant reconnaissait en avoir ...

Comme de coutume, ce fut Anarion qui mit fin à son raisonnement intérieur. Avec passion, il la prit dans ses bras et la jeune femme se noya avec bonheur la douceur de cette étreinte. Tant de tendresse et d'amour, dans un simple geste !
Nathanaëlle se demanda comment elle avait pu vivre en se passant de cela durant si longtemps.

Elle serra son marchand d'éternité contre elle avec toute la force que détenait son corps frêle. Comment était-il possible d'aimer autant ? De brûler à l'intérieur et d'être immobile à l'extérieur ?

La guerrière ne chercha pas de réponse à ses question muettes. Elle avait fini par accepter le l'amour soit un mystère, et le demeure. C'était là une aventure que l'on ne pouvait penser : il fallait la vivre pour en saisir le sens.


Blottie dans les bras de son prince, Nathanaëlle fit une chose qu'elle n'avait encore jamais fait de toute sa vie : elle rit aux éclats.
Pour la première fois, elle ressentait le besoin d'exprimer tout le bonheur stocké en elle.

Lorsqu'elle leva les yeux vers Anarion, ce fut pour le dévisager avec adoration. Il était si beau !


Tout au fond d'elle-même, dans son cœur d'enfant, Nathanaëlle se surprit à penser que si tout cela n'était qu'un rêve, alors c'était le plus beau qu'elle ferait jamais. Puisse-t-il ne jamais cesser ...

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Anarion

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Lun 19 Déc 2016 - 11:12

Il aurait pu rester là à la serrer dans ses bras pendant plusieurs années tant il était heureux. Lui qui n'aimait pas les contacts ne pouvait se lasser de celui-ci, de sentir ses bras par-dessus les épaules de la semi-elfe, et de savoir que c'était elle qui était là. Il la sentit se détendre, puis, redressant la tête, elle se mit à rire aux éclats. Relevant lui aussi les yeux, il lui sourit avec admiration, envoûté par le son cristallin de son rire. Il ne l'avait jamais entendue rire, et c'était un son qu'il aimait tellement qu'il aurait aimé qu'elle ne s'arrête jamais. Il se mit à rire également, entraîné par sa joie, et cela lui retira un poids énorme des épaules. Il n'avait pas ri depuis tellement longtemps que le son lui parut étrange, déplacé venant de lui.

Puis elle leva les yeux vers lui et le regarda, et il la fixa en retour. Ils devaient avoir l'air fin, après avoir pleuré, rit aux éclats en plein milieu de la rue, voilà que maintenant ils se regardaient les yeux dans les yeux sans rien dire... Mais il s'en fichait complètement. Il admirait les cheveux d'argents, le visage fin, les yeux bleus, et chaque détail qui faisait du visage de Nathanaëlle le plus parfait. Puis il réalisa qu'ils étaient tous deux trempés jusqu'aux os, et, souriant toujours d'une oreille à l'autre, il lui prit la main et repoussa à nouveau la pluie loin d'eux.


- Que dirais-tu d'aller vers les ruines, comme nous l'avions prévu ? On pourrait y parler plus à notre aise, en évitant d'être complètement trempés.

Il avait complètement relégué les livres au second plan, car maintenant il voulait parler à Nathanaëlle. Ces cinq dernières minutes avaient complètement changé sa vision de sa vie, et maintenant il voulait rester à Sinastra, y rester pour toujours, à ses côtés. Il trouverait une maison, un travail, il vivrait sa vie normalement...

- Je pense qu'il est temps que nous rabattions nos cartes. Nous avons tous deux des blessures profondément enfouies, mais... je veux que tu sache tout.

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Nathanaëlle

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MessageSujet: Re: La grâce du savoir    Dim 22 Jan 2017 - 1:10

- Que dirais-tu d'aller vers les ruines, comme nous l'avions prévu ? On pourrait y parler plus à notre aise, en évitant d'être complètement trempés.

À ces mots, un sourire se dessina sur les lèvres de la guerrière. Avec toutes ces émotions, c'est à peine si elle avait remarqué que la pluie s'était remise à tomber ! Jetant un œil sur ses vêtement ainsi que sur ceux d'Anarion, Nathanaëlle constata que l'elfe n'avait pas exagéré : ils étaient bel et bien trempés ! Sentant le froid s'insinuer en elle, elle envisagea avec enthousiasme l'idée de rejoindre les ruines, où ils seraient à l'abri de l'eau et, dans une moindre mesure, de la fraîcheur hivernale.

- Je pense qu'il est temps que nous rabattions nos cartes. Nous avons tous deux des blessures profondément enfouies, mais... je veux que tu sache tout.

Visiblement, l'étude des livres ne figurait plus au programme. C'était bien là une chose dont la semi-elfe ne se plaindrait pas, impatiente qu'elle était d'entendre ce qu'Anarion avait à lui dire.
Elle avait conscience que les moments qu'ils allaient vivre seraient douloureux. Comme l'elfe l'avait si bien dit, tous deux avaient de profondes blessures ...
Mais il était important que chacun ait connaissance de celles de l'autre.

Pour autant, Nathanaëlle n'était pas très enthousiaste en ce qui concernait le fait de narrer sa propre histoire. Il y avait tellement de zones d'ombre, tellement de honte et de misère dans son passé ! Jamais nul récit n'avait été si éloigné d'un conte de fées ...
Et si l'enfance de la jeune femme, si sombre et si torturée, effrayait son bien-aimé ? Pire, si elle-même n'arrivait jamais à passer outre, et restait hantée toute sa vie par les évènements traumatisants qu'elle avait vécus ?
Oh, Anarion se montrerait très compréhensif, il ne la forcerait pas à raconter quoi que ce soit si elle ne s'en sentait pas capable, c'était une chose certaine. Mais elle voulait qu'il sache. Ne rien lui cacher, s'ouvrir à lui avec sincérité.

Une fois de plus, les pensées de la semi-elfe se pressaient dans des directions inverses. Que choisir ? Piégée dans l'un de ces duels intérieur dont elle était à présent coutumière, elle entreprit de penser de façon rationnelle. Se confier à Anarion l'aiderait sûrement à se sentir mieux, et à avancer, enfin. De plus, il ne semblait pas être enclin à juger les autres sur de simples faits, sans connaître leurs motivations.
La jeune elfe finit par trancher. Le moment venu, les mots viendraient naturellement, que ce soit pour narrer son histoire ou pour s'excuser de ne pouvoir le faire. Et, dans tous les cas, elle était certaine que le telerin comprendrait.

Forte de cette résolution, Nathanaëlle ramassa les livres qu'ils avaient, avec tout cela, laissés de côté. Heureusement, les ouvrages n'étaient pas mouillés, à peine humides par endroit. Une nuit au sec, et il n'y paraîtrait plus. Elle tendit sa pile à Anarion, puis glissa ses doigts entre les siens sans un mot. Le sourire qui illuminait son visage valait tous les discours.

Côte à côte, ils se remirent en route.  




[ RP Terminé, à verrouiller ! Merci gentil admin Very Happy ]

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